vendredi 1 février 2008

VRD 3ème acte : la fosse septique

150-190-350 ! Ce n’est pas un algorithme. Les non-matheux peuvent se rassurer. C’est simplement la dimension du trou que l’on a percé pour poser un parallélépipède rectangle faisant office de « pot de flore ». Des milliers d’années de civilisation pour en arriver là. Ça laisse perplexe ! 

84 heures et demie (la plus importante) de marteau piqueur, des centaines de millimètres d’eau sur la tête et des douleurs partout pour sortir ces 10 m3 de roche. Mais comme la peine n’est jamais assez grande et que l’anecdote est toujours de circonstance, ça ne pouvait pas être si simple. 

Arrive le jour de la livraison. Le type se pointe avec une fosse…fêlée. Retour à l’envoyeur ! On reprend les mêmes et l’on recommence l’après-midi. Fosse nickel mais livreur septique. C’est de circonstance. Il ne veut pas descendre la fosse. Pour lui, c’est trop risqué. Il nous laisse 1600kg de béton sur le gazon. À ce moment précis, la tonne six, on l’a sur l’estomac. C’est lourd !

La solidarité s ‘enclenche dans le village. Sans rancune des grasses matinées écourtées et des JT de 20 heures rythmés par la mélodie de mon marteau piqueur, un voisin me la placera avec le télescopique d’un ami. Opération périlleuse car l’accès n’était pas facile. À l’heure où je prose, elle est sous terre et nous tenons le planning. 

Pour finir, je voudrais rendre un honneur tout particulièrement à mon père pour cette semaine qui fut sûrement une des plus dures tant au niveau physique que mental. « J’ai de la chance d’avoir un papa comme ça… »

dimanche 6 janvier 2008

Patience et moral d'acier

Après l’épisode du malhonnête, nous avons remonté nos manches. Armé d’un bon compresseur de chantier et du marteau piqueur qui va bien, on a repris chaque tranchée « centimètre par centimètre » (je vous assure que l’expression est à peine imagée) et nous sommes descendus « millimètre par millimètre » Un coup, c’est dur et ça part en poudre, un autre coup c’est dur et la pierre se glace. Les pointeaux cassent, se tordent mais les hommes tiennent. Même l’outil semble avoir les traits tirés quand il nous voit arriver. Mon père affûte pendant que je casse. Chacun son rôle. Cependant ça avance. 51 heures et demie au compteur du « brise-bras » et la moitié de fait.

Cette semaine est consacrée au repos des corps et des esprits. Tout le monde en avait besoin. Mais le moral reste bon et plus dur que le roc que nous cassons. Pour le reste, c’est une question de temps…

dimanche 9 décembre 2007

"Nul n'est censé ignorer la loi"

Semaine bras de fer avec une "tête de lard". Il a essayé de nous intimider en jouant les gros bras mais c'était mal nous connaître. Le travail n'était pas fini et le bonhomme nous demandait 1000€ de plus que le devis initial sans finir le chantier. Après avoir entendu quelques qualificatifs gratifiants , on ne s'est pas laissé faire. On a fait monter la pression. L'article 1134 du code civil nous a servit.
"Un contrat a la valeur d'une loi. S'il a été signé un contrat synallagmatique (à deux), il ne peut être annulé, cassé ou modifié unilatéralement (par une des deux personnes). c'est à dire qu'il faut que chaque partie respecte ses obligations et ses devoirs, inscrits dans le contrat et que si une des parties ne le fait pas, elle peut être assignée en justice."
Et comme par magie, l'excité s'est calmé aussi sec. Il a accepté nos conditions. On lui a payé le travail rééllement effectué (voie d'accès au chantier) et le reste, "il y a pensé et il a oublié". Cette expérience n'aura fait que renforcer nos convictions: avoir un moral d'acier, ne rien lâcher et ne jamais céder, surtout quand on est dans son droit.

Un merci tout particulier à Cécé pour l'illustration.

dimanche 2 décembre 2007

VRD 2ème acte: "la guerre des tranchées"

Semaine galère à faire comprendre à un terrassier qu'il a été engagé pour "faire des trous, des gros trous et encore des gros trous" Me croyant inculte en la matière, il a terriblement été déçu de comprendre que je ne lâcherais pas le morceau. Très poétiquement, il m'a confié que "je lui cassais les couilles". Ça tombe bien, quelqu'un aura au moins cassé quelque chose cette semaine! Comme le rocher est un peu dur et surtout qu'il faut un peu travailler pour gagner de l'argent (argument qu'aujourd'hui, certaines personnes ont dû mal à intégrer), ce roi de la prose m'a dit qu'avec une bonne couche de terre (60 cm!) sur mes réseaux, il n'y paraîtrait plus. Seulement, si j'avais voulu faire ressembler mon bout de Causse aux courbes de l'Aubrac, j'aurais appelé un paysagiste et non un terrassier. Vendredi soir, les pelles n'étaient plus là et le bonhomme m'expliqua au téléphone (bien entendu) que le chantier pour lui était fini. On ne doit pas avoir la même notion des finitions ou peut-être n'avons nous pas le même système métrique. Ce Monsieur a cru que "je lui c..."; il n'a aucune idée de ce que cette expression peut vouloir dire si je m'y emploie. L'ultimatum est lancé. Il ne lui reste qu'une semaine pour boucler ce chantier. Après quoi, on prendra les dispositions pour finir nous même ces tranchées et le remercier sans indemnité! A suivre...

dimanche 25 novembre 2007

VRD 1er acte

Dans cette semaine bien agitée sur le plan social, on aurait du demander à Sarko et son sbire Bertrand de venir sur le chantier pour casser le "blocage du rocher" Une politique de choc devant une tête de roc! Voilà un vrai défi. Malheureusement, on avait qu'une pelle de 20 tonnes. Le chef de chantier a commencé à attaquer le morceau avec le godet mais force a été de constater qu'il n'avait pas à faire au premier venu. Armé d'une boule de démolition de 4 tonnes, il l'a faite tomber toute une journée de 10 mètres de haut sur le "costaud" l'ébranlant à peine. Juste quelques miettes pour nourrir les oiseaux. Mais il ne se laisse pas aller le bougre. Il reviendra lundi avec un Brise Roche Hydrolique et la pelle qui va bien.

La semaine aura été plus positive pour moi. On a fini de creuser, passer, enrober et refermer les 50 mètres de fourreau électrique du portail. C'est madame qui va être contente... Il faut bien trouver des consolations!

lundi 19 novembre 2007

Réactivité

Samedi matin, levé du lit, je vois deux pelles sur le terrain. Je saute sur mon téléphone. Le terrassier " oui, on a eu un trou alors je commence chez vous lundi matin" (pour info, c'était prévu pour début décembre) Je fais un petit "come-back" pour que tout le monde comprennent.
Lors de la réception des appels d'offre, on s'est aperçu que certains artisans dont l'entreprise de BTP nous prenaient pour des "rois du pétrole". On a pris notre calculatrice, fait chiffrer les matières premières et l'intervention d'une pelle pour ouvrir le terrain et décider de se réserver le lot terrassement-VRD. L'estimation nous permettrait de gagner 13 000€. L'avenir nous dira si nous avons fait le bon choix.
Pour revenir au fil de l'histoire qui nous préoccupe, le samedi matin, en apprenant que le chantier commencerait lundi à l'aube, je réalise également que l'implantation doit être faite. Le samedi sera réservé à récupérer les plans d'implantation auprès de l'architecte, acheter le matériel et trianguler les angles de la maison. L'implantation et le traçage des conduites sera terminés dimanche à la nuit et au froid.
Comme à chaque expérience, une leçon est à tirer. Nous garderons à l'esprit que la réactivité doit être le maître mot!